3.2 La communauté scientifique : un obstacle au progrès de la science

Malheureusement même si Galilée est enthousiasmé par ses découvertes, toute la communauté scientifique ne partage pas son engouement pour ces nouvelles observations et pour l’émergence de la théorie de Copernic. Le savant suscite la jalousie de ses confrères qui lui envient non seulement ses relations influentes comme le grand duc Cosme II membre de la famille Médicis, ou encore le cardinal Maffeo Barberini, mais aussi un salaire exorbitant alors que de nombreux scientifiques vivent dans la misère, sans compter sa réussite éclatante… Mais, élément plus important, Galilée suscite la colère de nombreux érudits étant donné qu’il remet en cause certains principes admis par la plupart des savants qui jugent inutile de se préoccuper des observations, des expériences ou encore de la recherche empirique pour pouvoir prouver le bien fondé d’une théorie. Cette attitude va à l’encontre des préceptes de Galilée qui estime qu’une théorie doit être obligatoirement vérifiée par des observations afin que la communauté scientifique puisse la valider. C'est en appliquant ce principe que Galilée mettra à mal les théories anciennes qui sont la plupart du temps indémontrables. Pour prouver ceci, prenons l'exemple des montagnes observées sur la lune par Galilée. Selon les anciens, ces types de relief ne peuvent pas exister car tout astre possède obligatoirement selon Aristote une forme sphérique. Certains savants aristotéliciens proposent, pour concilier nouvelle découverte astronomique et théorie ancienne, une thèse selon laquelle "les montagnes de la lune sont recouvertes d'une substance cristalline absolument transparente et disposée de telle sorte qu'elle redonne à l'astre une sphéricité parfaite". Galilée refuse d'accepter ce point de vue tant qu'il n'aura pas été validé par des observations. Pour ce savant, l'imagination n'a pas sa place dans la science. On peut également remarquer que le travail du savant ne repose pas seulement sur des observations. Pour lui, le savant moderne doit être capable de se servir de la raison pour démontrer que ses recherches sont justes. L’observation et la raison sont deux notions qui sont perfectibles et qui permettent le progrès scientifique également lié aux inventions. Cette avancée de la science, empêche que des obstacles naissent de théories mal expliquées qui deviennent inattaquables parce qu'elles sont entourées de trop de préjugés. Les découvertes de Galilée lui ont permis de réaliser des progrès d'ordre non seulement scientifique mais aussi méthodologique qui vont devenir des armes pour lutter contre les théories anciennes, ces nouveautés dérangent ! On observe donc que la menace que représentait Galilée aux yeux des scientifiques tient moins de sa position sur l’héliocentrisme que de son insistance à affirmer que l’observation et l’expérience sont les deux éléments à la base de tout raisonnement scientifique. Ces principes remettent en cause l’idée selon laquelle les vérités fondamentales se trouvent dans les préceptes d’Aristote. Les découvertes de Galilée inquiètent donc bon nombre d’érudits car elles sont susceptibles de remettre en cause la notion même de savant, ce qui fait dire à l’un d’entre eux : « Galilée défiait ouvertement et de manière systématique le système utilisé à l’époque pour déterminer ce qu’était la vérité ». On s’aperçoit donc que tout au long de sa vie Galilée devra faire face à l’hostilité de la communauté scientifique qui ne veut pas que ses valeurs soient remises en cause. Certains savants sentant que leur statut pourrait être revisité, cherchent par tous les moyens à discréditer l’inventeur de la lunette astronomique : c’est le début d’une vague d’attaques contre le savant italien et ses travaux.


« retour | Haut | suite »

COPYRIGHT © 2007 TPE-HELIOCENTRISME.FR | XHTML 1.1 | CSS